Les Petites Dalles et la Mémoire des Hautes Falaises
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Aménagements de la Plage des Petites-Dalles au temps des Impressionnistes.

lundi 12 septembre 2016, par Jean-Claude Michaux

En 1880, à l’occasion d’un séjour chez son frère Léon, Claude Monet découvre les Petites Dalles.

Léon Monet, représentant de commerce, vivait à Déville-les-Rouen. En 1875, il avait acheté un terrain aux Petites Dalles, à M. et Mme Chiffray, situé à proximité des "villas St Jean".

En 1880 et les années suivantes, Claude Monet a exécuté plusieurs toiles. La plus spectaculaire intitulée « Les falaises des Petites Dalles ».

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Ce tableau, est actuellement à Boston au Museum of Fine Arts (Place des Impressionnistes en Normandie)

Derrière la mer déchaînée se dressent deux falaises de tailles différentes et de proportions équilibrées. Ce site exceptionnel résulte de la proximité des deux valleuses des Petites-Dalles et des Grandes-Dalles et de l’importance de la pointe séparant les Grandes-Dalles de Saint-Pierre-en-Port.

Après des années d’absence, Claude Monet venait de renouer avec le littoral de Haute-Normandie. Il y retournera six mois plus tard, sans doute encouragé par la vente en février 1881 de seize toiles dont deux des Petites Dalles. Les séjours sur la côte du Pays de Caux se succéderont alors pendant sept années consécutives. Après « les falaises des Petites Dalles », Claude Monet représentera de nombreuses falaises à Grainval, Fécamp, Pourville, Ailly, Varengeville, et Etretat.

Sur le tableau « Les falaises des Petites-Dalles » Claude Monet s’est placé à l’est de la plage, derrière la brèche de l’épi en bois. Il fait donc apparaître :
-  au premier plan les restes de l’épi en bois,
-  au second plan quelques personnages sur la nouvelle digue maçonnée.

Je vais essayer de retracer l’historique de la protection des Petites Dalles à l’aide de documents d’archives.

Les tempêtes de 1863 et 1868 ont entraîné de graves dégâts. Après des lettres, pétitions et souscriptions des travaux de protection seront réalisés :

1868 - Construction d’un épi en bois à l’Est de la plage

1875 - Construction d’un mur de revêtement d’une rampe d’accès à la plage & d’un garde corps

1880 - construction d’un épi maçonné à l’Est de la plage

Epi Est en bois

La tempête de 1863 a entraîné :

-  la disparition des galets de la plage,
-  une importante avancée de l’estran,
-  la destruction de plusieurs constructions et en particulier de la terrasse du Casino de M. Bouillon.

En mai 1864, l’abbé Cochet a dirigé les fouilles d’un cimetière mérovingien situé au niveau du corps de garde des douaniers.

Après la pétitions des Dallais la décision fut prise de construire un épi à l’Est de la plage (côté Saint Martin) pour retenir les galets.

• Plan de la plage après la tempête de Janvier 1863

• Lettre – Pétition de Février 1863

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• Plan de l’épi en bois

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• Affiche d’avis d’adjudication le 5 Novembre 1867

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Mur de revêtement et rampe d’accès à la plage

La tempête de 1868 a aggravé la situation avec :

-  la disparition totale des galets de la plage,

-  le très important recul de la valleuse,

-  la disparition du chemin des douaniers,

-  la destruction de plusieurs constructions :

o corps de garde de la douane

o maison de M. Bois Hébert

o pension de famille de M. Bouillon

Après des lettres et des pétitions des Dallais, il fut décidé de construire un mur de revêtement et une rampe d’accès à la plage. Il fut en outre décidé de compléter ces travaux par la réalisation d’un garde corps. Le financement a été réalisé grâce à deux importantes souscriptions auxquelles a participé l’impératrice d’Autriche "Sissi" qui en 1975 séjournait au château de Sassetot.

• Plan de la plage après les tempêtes de 1863 & 1868 et la construction l’épi en bois

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• Lettres et Pétitions de 1873

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• Etat des 266 baigneurs des Petites Dalles en1873

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Parmi lesquels : • Paul Albert (Paris) : historien – professeur au Collège de France

• Léon Monet (Rouen)

• Ibrahim Bey (Constantinople)

• Henri Wallon (Paris) : député

• Engagement de souscription 1874

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• Liste des souscripteurs 1874 -1875

Parmi lesquels :

• Sa majesté l’Impératrice d’Autriche

• Léon Monnet

• Les Maires et châtelains de Saint-Martin-aux-Buneaux et Sassetot-le-Mauconduit

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• Plans de la plage en vue de la construction du mur de revêtement et de la rampe d’accès

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• Affiche d’avis d’adjudication le 12 Juin 1874

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• Affiche d’avis d’adjudication le 1er Octobre 1874

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La photo et le tableau ci-dessous présentent l’état de la plage en 1875 avec les aménagements réalisés pour l’impératrice d’Autriche "Sissi" :

- double cabine (les dernières),

- couloir de toile pour accéder discrétement à la mer,

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Les Petites Dalles -1875
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Paul Valantin - 1875

EPI EST en Maçonnerie

La tempête du 23 Novembre 1877 a ouvert une brèche dans la digue en bois. Il fut donc envisagé de la remplacer par un épi en maçonnerie plus court mais formant un angle plus fermé avec le mur de revêtement. Cet épi fut réalisé, lui aussi, grâce à une souscription publique.

• Plan de la plage après la tempête de 1877

• Tableau de Paul Valentin Paul Valantin - tableau postérieur à novembre 1877 • Souscription :

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Parmi les souscripteurs :

• Ernest Daudet • Léon Monet • Anisson-Duperron • Gustave Eiffel

• Affiche d’avis d’adjudication le 2 Septembre 1879

• Plan avec l’épi en bois endommagé par des tempêtes en 1875 & 1877 et projet d’épi en maçonnerie

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En 1880, dans le tableau « Les falaises des Petites Dalles » Claude Monet avait saisi une situation exceptionnelle résultant de la coexistence d’un épi en bois détruit par les tempêtes peu après sa construction et d’un épi neuf en maçonnerie. En 1884, dans son tableau représentant la falaise amont seul est visible l’épi en maçonnerie.

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(Place des Impressionnistes en Normandie)

L’emplacement et la base de nombreux pieux de l’épi en bois sont encore visibles lorsque le galet est peu abondant à l’est de l’épi maçonné actuel.

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Il faut noter les paires de pieux qui maintenaient les renforts perpendiculaires de cet épi en bois..

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