Les Petites Dalles et la Mémoire des Hautes Falaises
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La tempête fatale

mardi 5 septembre 2017, par Jean Claude Michaux

Cet article a été publié initialement dans le livret du Syndicat d’Initiative des Petites Dalles de 2010

LA TEMPËTE FATALE

1753 ou 1755 ?

Telle est l’alternative divisant les Dallais .

Le débat porte sur l’année de la tempête à l’origine de la destruction de la flottille de pêche des Dalles (1).

A. Guilmeth (2) rapporte qu’au XVllle, une veille de la Saint-Jean, au cours d’une tempête, Veulettes, la Durdent, Saint-Pierre, les Dalles et Bruneval perdirent toute leur marine. Il ne précise pas l’année, mais il indique le jour : « la veille de la St Jean ». Il s’agit donc du 23 juin ou du 26 décembre, veilles des deux principales fêtes de Saint Jean.

Pour défendre l’année 1755, certains Dallais invoquent la relation de cette tempête par le Frère Oudinet dans son livre "Contes et légendes des falaises normandes". Cet auteur précise que cette tempête est survenue la veille de la St Jean et a causé la disparition du port de Claquedent. Par contre, d’autres citent l’abbé Cochet (3) qui a rapporté cette catastrophe, en ces termes : « une tradition locale soutient que le terrible coup de vent de l’année 1753 fit périr, corps et biens, quatorze bateaux des Dalles. On ajoute que la marine de ces vallées ne s’est pas relevée de cette catastrophe qui dépeupla le pays ». Amédée Hellot, sous le pseudonyme de Pierre Lerond, dans les Lettres cauchoises (4), évoque cet événement en ces termes : « l’effroyable ouragan du 23 juin 1753 qui consomma la ruine de tous les petits ports de pêche du littoral du Pays de Caux et de leur marine … ». Le nombre important de citations et le sérieux de certains des auteurs font que la réalité de cette tempête ne peut être contestée. Reste à en déterminer la date et l’ampleur.

Cette tempête a-t-elle entraîné la disparition du port de Claquedent ?

A-t-elle eu lieu en juin ou en décembre ?

En 1753 ou 1755 ?

1 : Sources contemporaines de la tempête :

Pour départager les deux camps, inutile de faire le décompte exhaustif des mentions de cette tempête optant pour l’une ou l’autre de ces années. En effet, de nombreux auteurs du XIXe, comme certains de leurs homologues contemporains, se sont contentés de plagier leurs prédécesseurs, le plus souvent sans prendre la peine de les citer. La seule solution sérieuse consiste à rechercher des sources contemporaines des faits. J’ai donc consulté les registres, de 1753 et 1755, de toutes les paroisses du littoral de Sotteville-sur-Mer à Yport.

Les informations recueillies sont sans aucune ambiguïté. En juin et juillet 1755, aucun noyé ne figure sur ces registres. Par contre, en juin et juillet 1753, plus de quarante actes ou mentions font état de noyades survenues du fait de cette tempête.

Le registre de la paroisse de Veulettes se révèle le plus intéressant. En effet, le curé a précédé les actes de décès d’un préambule rédigé en ces termes : « Nécrologie des matelots de cette paroisse qui ont été submergés dans la mer à St Valery en Caux, à St Martin aux Buneaux, aux Petites et Grandes Dalles et à St Pierre en Port, le 23 juin 1753, dans la pesche du maquereau, ledit naufrage causé par une violente tempeste qui dura depuis huit heures du matin jusqu’à environ quatre heures du soir audit jour 23 juin 1753 ».

Dans les actes et mentions qui suivent, il établit le lien avec les événements qu’il vient de décrire en utilisant les termes : « naufragé », « submergé », « trouvé sur le perray » et indique parfois la date du « 23 juin 1753 ». Les actes d’inhumation vont du 24 juin 1753 au 18 juillet 1753. Le dernier, plus de trois semaines après la tempête, concerne un « corps échoué ce matin sur le rivage de notre port qui fait partie des corps submergés par la tempête arrivée le 23 juin 1753 ».

Sur les 22 actes et mentions de décès, le curé de Veulettes a enregistré les huit matelots inhumés dans sa paroisse, mais également les noyés de Veulettes inhumés dans d’autres paroisses dont un à Saint Jacques de Dieppe. En outre, il a signalé le nom de quelques matelots faisant partie de l’équipage de bateaux dont les autres matelots ont été retrouvés morts.

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Paroisse de Veulettes : acte d’inhumation de Jean Benoist de Saint-Valery-en-Caux

Dans ces actes, il donne des précisions non seulement sur l’identité, l’âge, le domicile du défunt, mais aussi sur ses parents, le patron de pêche et celui qui commandait le bateau. L’intervention de l’amirauté, sous forme de mandement, est signalée lorsqu’un cadavre doit être transporté pour être inhumé dans sa paroisse ou lorsqu’il n’est pas originaire de la paroisse d’inhumation ; par exemple : « Ce 24 juin 1753 le corps de Pierre Danger matelot, fils de Pierre Danger et de Marie Vaudrin, agé de viron 30 ans, submergé entre les Grandes-Dalles et St Pierre en Port dans le bateau de Charles Vincent demeurant aux Petites Dalles conduit par ledit Charles Verdière nommé cy dessus a été enlevé de sur le perray du dit lieu et transporté icy sur le mandement de Mr Fauconnet procureur du roy de l’amirauté de St Valery en Caux en date du 24 juin 1753, a été inhumé ledit 24 Juin 1753 à 9 heures du soir dans le cimetière de cette paroisse présence des parents et amis qui ont déclaré ne scavoir signer ».

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Paroisse de Saint-Martin-aux-Buneaux : acte d’inhumation de Jean Verdière

Cinq actes d’inhumation, du registre paroissial de Saint Martin aux Buneaux, contiennent la formule « qui a été trouvé sur le bord de la mer ayant été noyé la veille de la St Jean ».

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Paroisse de Sassetot : acte de décès de Robert Pannevel de Veulettes

La paroisse de Sassetot-le-Mauconduit, regroupe des matelots des deux ports d’échouage des Grandes-Dalles et Petites-Dalles. Curieusement, je n’ai trouvé que deux actes d’inhumation de matelots tués par cette tempête (5). Le premier est clairement rattaché à la tempête, par une mention explicite : « L’an mil sept cent cinquante trois le mercredi quatrième juillet par Monsieur Le Nouvel, prestre curé de cette paroisse soussigné, a été inhumé dans le cimetière de ce lieu de ladite paroisse le corps de Robert Pannevel marinier de la paroisse de Veulettes décédé à la mer par les effets d’une tempête qui arriva le vingt trois juin dernier et trouvé d’aujourd’huy au port des Grandes Dalles...  ». Le même matelot est mentionné dans le registre de Veulettes en ces termes : « Ce 23 juin le corps de Robert Pannevel âgé de viron 19 ans a été submergé dans le bateau de Jean Verdière calfateur de St Martin, conduit par Guillaume Louvel aussy naufragé et a été trouvé sur le perray des Dalles le 4 de juillet 1753 et a été inhumé le même jour dans le cimetière de Sassetot ». Le registre de Sassetot contient le mandement établi par l’amirauté de Saint Valery pour autoriser l’inhumation de ce matelot de Veulettes.

Le lien entre la tempête et le second décès n’est pas certain : « … le mercredi quatrième juillet…. le corps de Pierre Lefebvre, marinier, fils de Jean Lefebvre, dit le turc, décédé du jour précédent âgé d’environ quinze ans muni des sacrements de pénitence et d’extrême onction…  ». Le décès de ce jeune matelot survient une dizaine de jours seulement après la tempête. Il est muni des sacrements. Si l’origine de sa mort est bien la tempête, il ne serait mort qu’après être revenu à terre.

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Paroisse de Saint-Pierre-en-Port : acte d’inhumation de Charles Soudrey de Sassetot

Neuf actes d’inhumation de naufragés figurent dans le registre paroissial de Saint Pierre-en-Port. Ces actes portent l’une des mentions suivantes : « qui a pery dans la tempête » ou « lequel a pery dans le port de ce lieu ». Un seul des matelots est originaire de Saint Pierre-en-Port. Pour les autres, il est fait mention du mandement de l’amirauté de Fécamp ou de celle de Saint Valery-en-Caux, nécessaire pour procéder à l’inhumation.

Le registre paroissial de Saint Valery-en-Caux vise l’inhumation de six naufragés dans trois actes. Le premier du 24 juin, établi pour quatre matelots, porte la mention : « ont pery sous la côte de ce lieu le jour de hier ». Le second du 30 juin précise : « peri sous la cote de ce lieu, le vingt trois du présent ». Le dernier concerne un cadavre « qui a paru aux habillements estre de Veulletes ou des Dalles et trouvé sous la cotte de Saint léger ». Cette précision est très intéressante, car elle prouve l’existence, au XVIIIe siècle, de spécificités dans l’habillement des pêcheurs des ports de Veulettes et des Dalles.

A Sotteville-sur-Mer un cadavre non identifié est trouvé début juillet. Sur six paroisses de Fécamp, seul le registre paroissial de Saint Etienne fait mention d’un cadavre trouvé au Batifol (6). Les registres consultés, pour d’autres paroisses (Yport, Eletot, Paluel, Conteville, …), ne font apparaître aucun décès de marin dans le mois suivant le 23 juin 1753.

Une autre source d’époque fait mention, à Jumièges (7), de cette tempête ayant affecté le Pays de Caux, en ces termes : « en 1753, le pays connut la sécheresse du 22 mai au 23 juin, jour où se leva la tempête ».

2 : Effets de cette tempête :

Les registres paroissiaux avaient vocation à enregistrer les inhumations. Le témoignage apporté par le curé de Veulettes va bien au-delà. La gravité de l’événement l’a conduit à rapporter cette tempête et à mentionner les marins de Veulettes enterrés dans d’autres paroisses et ceux dont la mort lui paraissait certaine. Compte tenu des noms cités deux fois, les quarante-sept mentions trouvées concernent une trentaine de marins presque tous identifiés. Selon la position des bateaux, du sens du vent et des courants, seuls certains corps ont été rejetés à terre. Le nombre des morts est donc très supérieur à trente. Si le disparu disposait d’un patrimoine significatif ou si sa femme souhaitait se remarier, à défaut de cadavre, la procédure judiciaire permettait de faire constater son décès. D’autres noms de naufragés pourraient donc exister dans des sources judiciaires ou notariales.

Les familles de pêcheurs ont été gravement affectées par cette tempête. Elles en ont gardé un souvenir vivace. L’abbé Cochet fait mention de quatorze bateaux des Dalles ce qui représentait près d’une centaine de matelots et une large proportion des embarcations. En 1729, la flottille de pêche des Grandes et Petites-Dalles réunies dépassait dix-huit bateaux (8). Les sources d ‘époque ne permettent pas de déterminer avec certitude le nombre total de bateaux et de pêcheurs disparus dans cette tempête. Mais ils confirment la gravité exceptionnelle de ce sinistre. Les trente cadavres dont nous avons retrouvé la trace représentent l’équipage de quatre à cinq bateaux. De son côté, le curé de Veulettes cite quatre patrons de pêche et les quatre matelots conduisant leurs bateaux. Ces calculs ne se recoupent pas exactement, ils permettent d’en déduire un nombre de bateaux disparus sensiblement plus élevé.

Le port de Claquedent a-t-il disparu avec cette tempête ?

Ce port évoqué par plusieurs auteurs est-il le port de pleine eau de Veulettes ?

Le hable (9) ou port intérieur de Veulettes a été créé par l’abbaye de Fécamp après avoir signé avec les Veulettais, une charte le 2 février 1264 (10 & 11).

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charte du 2 février 1264

Dans cette charte, quarante habitants de Veulettes, tant hommes que femmes, font savoir que Richard [de Treigos] abbé de Fécamp (12) et son couvent, pour la commodité et l’utilité commune du pays, ont concédé qu’il feraient établir un hable à Veulettes. Le hable et le village « villa » seront tenus selon les us et coutumes du port de Dieppe. Pour l’édification de ce hable, ils donnent à l’abbé et au couvent tout ce qu’ils possèdent dans les marais situés entre Veulettes et Paluel et entre le mont de Conteville et celui de Malleville. Pour conserver ce hable en bon état, ils concèdent à l’abbé et au couvent une lothia (13) sur tous les bateaux qui vont à la pêche aux harengs et aux maquereaux, soit deux lothias avec celle déjà perçue par l’abbaye, plus les aquaticas (14) et autres coutumes observées dans le port de Dieppe. Les maîtres des bateaux jureront chaque année, à la demande du garde du port, de verser de justes lothias. Ils promettent de ne rien cacher des poissons royaux ni des épaves et de respecter le droit de l’église de Fécamp. Si le hable n’était pas fait, les marais leur seraient restitués à eux ou à leurs descendants. Le parchemin porte les perforations ayant servi à la fixation des nombreux sceaux. D’autres chartes de 1263 et 1265, avec Pierre de Kenoville et Nicolas de Hotot, contiennent des acquisitions et échanges de terrains complémentaires de Veulettes à Vittefleur.

Ce port de Veulettes, dont l’achèvement est attesté dans une charte de 1306 (15), a disparu très rapidement. Les marins de Veulettes ont fourni six nefs à Philippe le Bel, pour l’expédition de 1285. Par contre, en 1340, ils ne figurent pas à la bataille de l’Ecluse.

Ce port ne disposait vraisemblablement ni dispositif de blocage de l’eau, ni de chasse pour dégager le chenal. Les bateaux entraient et sortaient par le chenal pendant les heures de haute mer et s’échouaient dans le port à marée basse.

Le coût de l’entretien et la trop grande proximité avec Fécamp et Saint-Valery sont vraisemblablement à l’origine de sa disparition rapide. Les ports en eau profonde, sur notre côte, ont été créés dans des vallées creusées profondément à l’ère glaciaire. Elles sont barrées par le cordon littoral. Les galets charriés vers l’Est par la Manche tendent systématiquement à en obstruer le chenal. L’entretien de ces ports nécessite donc l’enlèvement régulier de ces galets et la reconstruction des jetées. Des documents témoignent de l’entretien très insuffisant des ports de Fécamp et Saint Valery.

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Charles VII par Jean Fouquet

Après l’occupation anglaise, en 1450, Charles VII accorde à l’abbaye de Fécamp une quantité de sel en franchise d’impôts (16) pour la remise en état du port. Henri II rendit le sel franc pour les salaisons des pêcheurs. Ceux-ci en retour s’engageaient à assurer l’entretien d’une jetée en bois (17). A Saint Valery, en 1605, le port est envasé : des barques de 15 à 20 tonneaux y accèdent difficilement là ou des navires de 100 à 120 tonneaux pénétraient sans mal (18). Le port de Veulettes, source de faibles revenus pour l’abbaye, n’a vraisemblablement pas bénéficié des travaux coûteux indispensables à sa survie.

II ne reste plus actuellement aucune trace de ce port de Veulettes. Son entrée devait se trouver à l’embouchure de la Durdent. La donation de terres marécageuses dans la grande vallée conforte cette localisation hypothétique.

Au XVIIIe, ce hable avait disparu depuis longtemps. Pour preuve, en 1719, Sicard dans son rapport (19) sur les ports de l’Amirauté de Saint Valery précise qu’il n’y a aucun matelot à Paluel (20), les droits de pêche appartiennent à l’abbaye de Fécamp et les truites y sont plus rouges parce que la mer monte dans la rivière à chaque marée. Pour le littoral, il donne la description suivante : « Veulettes est dans une grande vallée qui conduit à la mer entre deux costes, l’une appelée la grande vallée qui est à l’est, et l’autre du Mesnil qui est à l’Ouest….Il y a seulement au bord de la mer deux maisons proches desquelles les matelots pescheurs halent leurs bateaux sur le galet » Gourdon de Léglisière, en 1749, dans son Mémoire sur l’état présent des ports et côtes de la haute et basse Normandie (21) n’évoque aucun port de pleine eau.

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Mémoire de 1749 par Gourdon de Léglisière

Il précise « la grande vallée…. avec une petite rivière proche la falaise d’amont et par laquelle la mer montante inonde tout le marais jusqu’à Paluel… on pourrait mettre à terre cent cinquante chaloupes à marée haute… la mer se retire à deux cens toises… il ne reste de morte eau que trois pieds d’eau » et « petit valon escarpé…. où l’on a fait un trou avec des marches pour descendre à la mer….. cet endroit inaccessible ». Sicart et Gourdon de Léglissière décrivaient la côte dans le cadre de missions différentes, mais leurs témoignages concordent. Ils décrivent un petit port d’échouage sur le galet.

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"Valée de Claquedent" sur la Carte des Capitaineries des gardes côtes de 1640

La première mention répertoriée de « Claquedent » date de 1577 (22). Claquedent est cité dans divers documents et localisé sur de nombreuses cartes des XVIIe et XVIIIe siècles.

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Carte du Pays de Caux (détail)

Le port d’échouage de Claquedent était vraisemblablement situé à proximité de l’embouchure de la Durdent. Mais le manque de précision des cartes ne permet pas d’en être certain.

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Sur un plan de la Paroisse Saint Valery de Veulettes de 1744, de nombreuses parcelles et quelques maisons sont représentées du côté de la falaise aval du Catelier et de la Falaisette.

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Par contre, du côté de la grande vallée, la Durdent s’étale et seul un numéro de parcelle figure. Rien n’indique la présence d’habitations ni d’un port de pleine eau. Au pied de la falaise amont, seul le corps de garde est représenté.

En 1762, pendant la guerre de sept ans, moins de dix après la tempête de 1753, de Bonneval, dans son « Mémoire général des côtes maritimes de la Normandie » (23 - et voir sur ce site : Défense des côtes de Normandie au XVIIIe siècle), ne mentionne pas la disparition d’un port à Claquedent. Le curé de Veulettes, dans sa description très précise, a indiqué les heures de commencement et de fin de cette violente tempête. Aurait-il pu oublier de mentionner la destruction physique d’un port de Claquedent tout proche ? La réponse négative qui s’impose est confortée par les informations provenant des autres sources mentionnées ci-dessus. Il ne s’agit donc pas de la destruction des jetées ou quais d’un port de pleine eau mais de la disparition économique de ce petit port d’échouage.

Les informations concordantes provenant de multiples sources d’époque nous permettent donc de préciser : cette violente tempête, survenue le 23 juin 1753, vers 8 heures du matin, a surpris les marins principalement sur la partie du littoral entre Saint Pierre-en-Port et Saint Valery-en-Caux. La gravité de la tempête, la mort de très nombreux marins, la disparition d’un grand nombre de bateaux ont ruiné durablement cette activité tant à Veulettes qu’aux Dalles.

Jean-Claude Michaux

Noms de matelots décédés mentionnés dans les registres paroissiaux de :

  • - Saint Etienne de Fécamp : Jean Rantier ?
  • - Saint Martin-aux-Buneaux : Jean Verdière, Martin Carel, Nicolas Verdière, Thomas Gautier, François Duparc,
  • - Saint Pierre-en-Port : Charles Soudey, Charles Monnier, Pierre Genest, Jean-Baptiste Desmoulins, Jean Parquier, Jean Benoist, Jacques Carpentier, Jean Demoulin, Michel Tallier.
  • - Saint Valery-en-Caux : Jean-Baptiste Le Monnier, Joseph Dupuis, Nicolas Le Gros, Nicolas Dubos, Jean-François Monnier, cadavre non identifié,
  • - Sassetot-le-Mauconduit : Robert Pannevel, Pierre Lefevre,
  • - Sotteville-sur-Mer : cadavre non identifié
  • - Veulettes : François Cotard, Jacques Le Fevre, Charles Verdière, Pierre Danger, Jean Desmoulins, Jean Verdière, Jean Demoulins, Charles Monnier, Jean Parquier, Pierre Jeunes (écrit Genest à Saint Pierre-en-Port), Charles Dambry, Charles Jourdain, J.-Baptiste Monnier, Guillaume Louvel, Jean Baudouin, Robert Cotard, Jean Demoulins, Jean Monnier, Edouard Carel, Robert Pannevel, Alexandre Danger, Michel Lapierre, un cadavre non identifié.

NOTES :

  • (1) Pierre WALLON, petite chronologie de la page du Menu Général du Site Internet : www.les-petites-dalles.org de la création de cette page à la date de publication du livret du Syndicat d’Initiative des Petites Dalles de 2010.
  • (2) A. GUILMETH, Histoire de la Ville et des Environs de Lillebonne suivie de notices sur la ville et les environs de Saint- Valery-en-Caux comprenant Lillebonne…les cantons de Fauville, d’Ourville, de Valmont et de Cany ; Saint-Valery, ... Rouen, 1842. p. 156-157
  • (3) Abbé J.-B.-D. COCHET, Les églises de l’arrondissement d’Yvetot, 1852, Tome 1, p. 207.
  • (4) Pierre LEROND, Lettres cauchoises, notes et documents sur l’histoire du Pays de Caux, ouvrage regroupant des articles parus dans le Réveil d’Yvetot de 1885 à 1887, réédité en facsimilé par le livre d’histoire-Lorisse Paris, 2004.
  • (5) Les actes figurant dans le registre paroissial, déposé aux Archives départementales de la Seine-Maritime (ADSM) et ceux du registre conservé à la Mairie concordent.
  • (6) Ce lieu est localisé à l’ouest du perray de Fécamp : falaise aval de Fécamp, « descente de Batifol » sur la carte des capitaineries des gardes côtes de 1640, puis nom du bastion construit par Vauban situé à l’emplacement du Casino.
  • (7) Histoire des gens de la Baronnie de Jumièges sur le site Internet : jumieges.free.fr.
  • (8) François SICARD, « Inspection des Ports par le Commissaire François Sicard », Mémoire sur Saint- Valery-en-Caux. (1728), Arch. De la Marine C4 159, dans Saint Valery-en-Caux et ses alentours, Pages d’histoire locale, rééditées par « le Vieux Saint-Valery », Luneray 1977.
  • (9) Terme d’origine scandinave désignant une baie propice au mouillage, conservé dans quelques noms de lieux : Hable d’Ault (80), port du Hâble (50). Il est devenu le mot : havre.
  • (10) ADSM (Archives Départementales de la Seine-Maritime) 7H909, parchemin, transcription et traduction par A.-M. Michaux.
  • (11) A. Hellot, Les Ports et Hables dans Nouvelles Pages d’Histoire locale, Société « le Vieux Saint Valery » p. 42, Luneray 1980.
  • (12) Dixième abbé de Fécamp de 1259 à 1284, Essai historique et littéraire sur l’abbaye de Fécamp, Leroux de Lincy, Rouen, 1840 p. 302.
  • (13) Part de pêche voir J.C. Michaux, Les Petites-Dalles port d’échouage, livret du Syndicat d’initiative des Petites-Dalles 2004 p. 27.
  • (14) Tout le poisson pêché au cours d’une marée, J.C. Michaux, opus cité p. 27.
  • (15) A. Hellot, opus cité.
  • (16) H. de Frondeville, « L’abbaye et le port de Fécamp pendant la guerre de cent ans » in l’abbaye bénédictine de Fécamp, ouvrage scientifique du XIIIe centenaire, Fécamp, 1959, T. 1, p. 114.
  • (17) J. L’Evêque de Pontharouart, « La pêche harenguière à Fécamp au XVIe », Annales du Patrimoine N°9, 2002, p. 53.
  • (18) J. Darsel, « l’amirauté de Sant Valery-en-Caux, Annales de Normandie Mars 1970, p. 4.
  • (19) F. Sicard, rapport cité.
  • (20) Les registres paroissiaux de Paluel et de Conteville ne contiennent aucune mention de noyé en Juin-Juillet 1753.
  • (21) ADSM, C878.
  • (22) Dictionnaire topographique de la Seine-Maritime p. 241.
  • (23) ADSM, C155.

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