Les Petites Dalles et la Mémoire des Hautes Falaises
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La station Y-Gerät de Saint-Martin-aux-Buneaux

samedi 23 mai 2020, par Brice Dupont, Jérôme Seyer

Plan de l'ensemble

Légende : 1 encuvement pour canon 20mm, 2 encuvement pour canon 20mm, 3 encuvement pour canon 20mm, 4 habitation pour personnel flak, 5 habitation pour personnel flak, 6 habitation pour personnel flak, 8 soute à munitions, 9 soute à munitions, 10 soute à vivres, 18 groupe électrogène, 19 groupe électrogène, zone hachurée : baraquements en bois

1 Encuvement pour pièce de 20mm

 2 Encuvement pour pièce de 20mm

3 Encuvement pour pièce de 20mm

couloir couvert d' accès aux habitations

Y–Gerät SYSTEME WOTANT II ou Y-GERÄT

Principe : L’avion suivait un faisceau très étroit dirigé vers la cible d’une portée de 250 km émis par un émetteur de 40 à 50 MHz Le pilote lisait sur un cadran la position par rapport au faisceau émis par l’émetteur. L’avion était en permanence positionné de cette manière : La station Wotant II émettait un signal modulé par ex à 42,5 MHz L’émetteur récepteur de bord le recevait, le transformait et renvoyait sur une fréquence différente. Le temps émis par le signal pour aller et revenir indiquait aux opérateurs de la station à quelle distance se trouvait l’avion sur le faisceau, mais à l’inverse il indiquait à l’équipage de l’avion à quelle distance il se trouvait de la station.

Le Y-Gerät était installé uniquement sur les bombardiers Heinkel 111 H-4 du III/KG 26 opérant à partir de Poix .

Y01 Code "Berta" dans Cassel (France) Y02 Code "Gustav" dans Boursin (France) Y03 Code "Cicéron" dans Conterville (France) Y04 Code « Dora » dans St-Martin-aux-Buneaux (France) Y05 Code "Anton" dans Jobourg (France) Y06 Code "Emil" dans Morlaix (France) Y07 Code  ??? dans Cap de la Haque (France) Y08 Code  ??? dans La Feuillée (France) Y09 Code  ??? dans Aumale (France)

Combining info from Trenkle, DAWA, Lostplaces and other sources gives the following list of Wotan II Y-Gerät(Kampf)stellen :

Anton (Jobourg) : ?x Y-Vielstrahlbake, 1x Fridolin, ?x Heinrich, ?x Hans Berta (Cassel) : 1x Y-Peiler Cicero (Conterville) : 2x Y-Peiler Dora (St. Martin en Buneaux) : 5x Y-Peiler, 1x Heinrich (supplemented Cicero) Emil or Friedrich (la Feuillée) : ?x Y-Peiler (little used) Gustav (Boursin) : 5x Y-Vielstrahlbake, 3x ???, 2x Adcock (supplemented or replaced Berta)  ??? (Aumale) : ?x ??? (not operational)

Comme les Britanniques prennent lentement le dessus dans la bataille des faisceaux, ils essayent d’anticiper le futur dispositif imaginé par les Allemands. Étant donné que le système utilisé est devenu inopérant, il leur faut innover et trouver une technique différente. Les Britanniques pensent que s’ils arrivent à mettre en défaut le nouveau système très rapidement, les Allemands abandonneront complètement la partie.

Les services de renseignement britanniques interceptent bientôt des informations concernant un nouveau système appelé Y-Gerät, aussi connu sous le nom de Wotan. Reginald Victor Jones conclut immédiatement que les Allemands utilisent des noms de code trop explicites. Il demande pourtant à un spécialiste de la langue et de la littérature allemandes de Bletchley Park des informations sur le nom « Wotan ». Le spécialiste avance que Wotan, le nom d’un dieu à un seul œil, pourrait être un système de navigation à un seul faisceau1. Jones partage cet avis et pense qu’il s’agit d’un système basé sur la mesure de la distance2. Il pense aussi qu’il pourrait y avoir un rapport avec un système décrit par un « sympathisant » allemand qui a fait passer un grand nombre d’informations dans le Rapport d’Oslo. Fonctionnement[modifier]

Le Y-Gerät fonctionne à l’aide d’un signal radio modulé émis en un seul faisceau étroit pointé sur l’objectif. Le système utilise un nouvel équipement qui reçoit le signal du faisceau et le réémet immédiatement vers la station au sol. La station au sol reçoit le signal renvoyé et compare sa phase avec celle du signal émis. Ceci constitue un moyen très précis pour mesurer le temps qu’à mis le signal pour faire l’aller-retour et, de là, la distance de l’avion. Cette distance associée à la direction du faisceau (on recherche une force de signal maximale), la position du bombardier peut être connue avec une grande précision. Le pilote n’a plus à chercher les faisceaux, c’est le sol qui contrôle les données et donne au pilote, par radio, les informations nécessaires pour leur route. L’inconvénient majeur du système est qu’on ne peut guider qu’un seul avion à la fois. Contre-mesures[modifier]

Les Britanniques, de leur côté, sont prêts à riposter avant même que le Y-Gerät ne soit mis en service. Les Allemands ont choisi la fréquence de fonctionnement du Wotan de façon fort malencontreuse : 45 MHz. Il s’agit de la fréquence du très puissant émetteur de télévision de la BBC à Alexandra Palace dans le nord de Londres. Pendant la guerre cet émetteur n’est pas en service, ce qui peut expliquer l’erreur des Allemands. Jones n’a donc qu’à s’arranger pour que le signal de retour de l’avion soit envoyé sur l’émetteur de télévision et retransmis vers la station au sol allemande. Le mélange des deux signaux modifie le décalage de phase et, partant, le temps apparent que met le signal pour faire l’aller–retour. Au début, le signal est retransmis à faible puissance, pour que les Allemands ne remarquent rien, mais avec suffisamment de puissance tout de même pour altérer la précision du système. Au cours des nuits suivantes, la puissance du brouillage est peu à peu augmentée.

Au fil des raids à l’aide du système Wotan, les équipages des bombardiers accusent la station au sol d’envoyer de mauvaises informations, alors que la station au sol soupçonne des communications de mauvaises qualité avec les avions. La puissance des émissions britanniques étant augmentée progressivement, les Allemands ne se rendent pas compte que leur système est piraté et penchent plutôt pour des défauts inhérents au dispositif lui-même. Par la suite, lorsque la puissance est suffisamment élevée, l’ensemble du système Wotan est saturé par les signaux en retour. Épilogue[modifier]

Les militaires allemands réalisent finalement que le Y–Gerät est lui aussi déjoué. Du coup, la confiance de la Luftwaffe dans les systèmes de navigation électroniques s’écroule. L’offensive des bombardiers sur la Grande-Bretagne prend fin, en partie en raison de l’abandon des systèmes de guidage électroniques, mais surtout parce que l’attention d’Hitler se tourne vers l’Union soviétique.

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